Bruxelles néoclassique : promenades dans un espace urbain en mutation (1775-1840)
Christophe Loir, chercheur qualifié au Fonds national de la Recherche scientifique-Université Libre de Bruxelles
Les samedis 9 mai, 27 juin, 25 juillet, 22 août, 26 septembre et 17 octobre à 14 h.
L’architecture néoclassique est omniprésente à Bruxelles ; elle marque de son empreinte l’ensemble du tissu urbain. Quiconque parcourt la ville la côtoie en permanence : en empruntant la rue de Laeken, la rue Royale, la rue du Midi ou les boulevards de la « petite ceinture », en se promenant au parc de Bruxelles, en traversant la place des Martyrs, en se rendant dans le quartier du Grand Hospice, en passant par la place Royale, en assistant à un spectacle au Théâtre royal de la Monnaie ou au Jardin Botanique, en apercevant la façade du Parlement ou celle de la résidence du Premier Ministre.
Après plusieurs années de recherches et en liaison avec son ouvrage à paraître : Bruxelles néoclassique: mutation d’un espace urbain 1775-1840 (CFC-Éditions, automne 2009), Christophe Loir nous fera découvrir ce remarquable patrimoine architectural en le replaçant dans le contexte de la mutation des villes au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Il nous montrera ainsi comment l’architecture néoclassique inaugure de nouvelles pratiques et expériences visuelles, telles que jouir d’une longue perspective monumentale, être environné d’un cadre architectural uniforme, découvrir des compositions urbaines symétriques et des correspondances formelles entre des édifices publics et les façades environnantes, reconnaître l’importance d’une institution grâce à son isolement et à la présence d’un portique surmonté d’un fronton, se repérer en lisant les plaques de rues et en consultant un plan de ville, bénéficier du recul nécessaire pour observer l’entièreté d’une façade monumentale, faire le tour d’un édifice ou d’un îlot régulier ; mais aussi se promener dans un parc public piétonnier, s’adonner au lèche-vitrine, contourner la ville en empruntant les boulevards ou la traverser rapidement pour rejoindre une gare, emprunter les transports en commun, marcher sur un trottoir, traverser un passage couvert, utiliser des toilettes publiques, ou prolonger ses activités urbaines en soirée grâce à l’éclairage au gaz.
• 9 mai (rendez-vous à 14 h à la Librairie Quartiers Latins)
Un havre de paix résidentiel : la place des Martyrs
• 27 juin (rendez-vous à 14 h sur la place du Musée)
Des embellissements pour le prince : la place Royale et le parc de Bruxelles
• 25 juillet (rendez-vous à 14 h sur la place du Grand Sablon)
La percée urbaine : de la rue de la Régence à la rue Royale
• 22 août (rendez-vous à 14 h sur la place de la Monnaie)
La monumentalisation des équipements collectifs : du quartier de la Monnaie à celui du Grand Hospice
• 26 septembre (rendez-vous à 14 h à l’entrée du Jardin Botanique, rue Royale n° 236) Le démantèlement des remparts : les boulevards extérieurs
• 17 octobre (rendez-vous à 14 h sur la place Rouppe)
L’arrivée du chemin de fer dans la ville : de la rue du Midi à la rue Neuve
P.A.F. : 8 €. Sur réservation au 02 227 34 00
Des cinémas retrouvés-Histoire de salles de cinéma bruxellois
Isabel Biver, licenciée en cinéma (ULB) et guide-conférencière, auteur du livre Cinémas de Bruxelles. Portraits et destins (CFC-Éditions, 2009)
Les samedis 16 mai, 6 juin, 11 juillet, 1er août, 5 septembre et 3 octobre
(pour les heures, se référer au détail de chaque visite).
Après deux saisons À la recherche des cinémas perdus, cette série de visites guidées vous invite à nouveau à affiner le sujet avec d’autres thèmes. Venez découvrir différents lieux de cinéma, dans l’espace public du quotidien ou dans des intérieurs cachés, grâce à un regard insolite aiguisé par une année de recherches riche en témoignages et documents d’archives précieux, qui a subtilement permis de…retrouver ces cinémas perdus, où se mêlent mémoire intime et grande histoire des lieux et du spectacle cinématographiques.
• 16 mai et 6 juin, (Rendez-vous à 15 h devant le cinéma Movy Club, 21 rue des Moines à Forest).
Le Movy Club et d’autres cinémas de quartier
Honneur à l’un des deux derniers cinémas de quartier bruxellois et histoire des salles saint-gilloises, dont la fameuse Ægidium.
• 11 juillet, (Rendez-vous à 11 h devant le Passage du Nord, boulevard Adolphe Max).
Les palaces des années 30
Marivaux, Métropole, Eldorado, Plaza et Variétés : les enseignes prestigieuses du premier âge d’or des cinémas.
• 1er août, (Rendez-vous à 14 h place Fontainas, côté rue du Midi).
Au temps du cinématographe
Les prémices de l’invention et les premières salles, quand l’Agora était le plus beau cinéma de la ville…
• 5 septembre et 3 octobre, (Rendez-vous à 11 h au 290 rue Royale, fin de la visite chaussée de Louvain).
Les métiers du cinéma à Saint-Josse
Du laboratoire de tirage au spectateur, en passant par le distributeur, l’exploitant, l’ouvreuse et le peintre de calicot, au départ du quartier de cinémas de la rue Royale vers les « Cinés de Saint-Josse ».
En présence de Jean-Pierre Montoisis, opérateur (sous réserve).
P.A.F. : 8 €. Sur réservation au 02 227 34 00
Durée des visites : entre 2 h et 2 h 30.
Avec la collaboration des cinémas Nova, UGC De Brouckère, Arenberg et Movy Club, des associations La Rétine de Plateau, les OEuvres paroissiales de Saint-Gilles et de Jean-Pierre Montoisis.
Bruxelles Babel. Personnage de roman
Yvan Dusausoit, journaliste et écrivain
Les samedis 23 mai, 13 juin, 4 juillet, 29 août, 12 septembre et 10 octobre à 14 h.
Pourquoi Bruxelles a-t-elle à ce point déconcerté les écrivains ? Depuis deux siècles, la ville apparaît de manière multiple dans la littérature. Chef-lieu de province pour certains, ville refuge pour d’autres, terre d’asile, asile d’aliénés, cité introuvable, mosaïque de quartiers, cocktail d’accents et d’idiomes, Bruxelles change aussi souvent d’apparence et d’identité qu’Arsène Lupin. Les deux visites se présenteront en miroir l’une de l’autre. En miroirs déformants…La première montrera comment les écrivains l’ont découverte et la seconde quel décor ou personnage elle devient dans leurs oeuvres.
• 23 mai, 4 juillet et 12 septembre (Rendez-vous à 14 h à la librairie)
Bruxelles, terre d’asile
En 1851, le coup d’État de Napoléon III déterminera pour longtemps l’image de Bruxelles et de sa littérature. Un grand nombre d’intellectuels et d’écrivains français, Hugo en tête, y trouveront refuge. Le pays, âgé de vingt ans, n’a pas encore sa littérature. Née à l’école de ces répétiteurs inattendus, elle passera d’abord pour une pâle copie des lettres françaises. Sans parler des éditions pirates des grands auteurs français. On verra en leur compagnie ce que la ville a pu susciter de rire, de dédain, d’ahurissement, de mépris ou d’enthousiasme. Des sarcasmes de Baudelaire à l’émerveillement de Nerval en passant par l’étonnement de Gautier, les lapsus de Freud et les envolées de Hugo, on découvrira une ville aux détours inattendus, qui ne se laisse pas saisir du premier coup d’oeil.
• 13 juin, 29 août et 10 octobre (Rendez-vous à 14 h à la librairie)
Bruxelles, personnage de roman
Il faudra longtemps pour que les auteurs belges se réapproprient leur littérature et l’image de Bruxelles. Et c’est ce chemin que l’on retracera à travers le regard farceur des marionnettistes, la tradition orale, la zwanze, les situations surréalistes dont la Belgique a le secret, le fantastique tapi sous un calme apparent et l’imaginaire débridé qui, aujourd’hui, a enfin pignon sur rue. Flânant par ses galeries, ses placettes et ses ruelles tortueuses, on débusquera les secrets littéraires de la ville, ses mystères, ses lieux du crime et le peuple de ses personnages de roman.
P.A.F. : 8 €. Sur réservation au 02 227 34 00
Durée des promenades : 2 h.
La scène du Théâtre de la Monnaie et l'incendie de 1855
Laurent Le Bec, licencié en lettres modernes et régisseur, auteur de recherches sur la scène et la machinerie publiées aux Cahiers du GRAM, sous le titre La Monnaie symboliste
Le samedi 13 juin à 13 h.
Avec la collaboration du service des visites guidées de la Monnaie.
Rares sont les scènes en Europe qui ont conservé l’ensemble de leur machinerie de bois. Les incendies ont été l’une des causes principales de ces disparitions.
Au milieu du XIXe siècle, la scène et la salle du Théâtre de la Monnaie ont été entièrement consumées en quelques heures par le feu. Reconstruites en un an sur les bases de leurs ruines, la nouvelle scène et la salle de ce théâtre ont été un trait d’union remarquable entre l’âge d’or du théâtre à l’italienne, la période classique et la période quarromantique. L’écho de cette tradition se répercute toujours sur les murs de la nouvelle scène, remontée en 1985.
Cette visite rend compte de l’évolution des techniques de la scène en Europe et à la Monnaie à Bruxelles sur près de 300 ans.
P.A.F. : 8 €. Sur réservation au 02 227 34 00.
Durée de la visite : 2 heures.
Rendez-vous à 13 h précises à la librairie.
Magritte et les surréalistes
Jean-Michel Pochet, queneauticien.
En collaboration avec Pro Velo et le Musée Magritte
Le dimanche 31 mai à 13 h 30 et les dimanches 5 juillet et 6 septembre à 14 h.
« Apollinaire a fait [d’Amphion] le patron de tous les batteurs de pavé. L’amphionie consiste à parcourir une ville de façon à exciter des sentiments ressortissant au beau et au sublime » Queneau, OEuvres complètes II (p. 1524), Gallimard, La Pléiade.
Surréalisme ? «Vous savez, il y a près de vingt ans que j’ai cessé d’employer le mot », déclarait en 1966 Marcel Mariën, «mais le mot prête à une telle confusion qu’il est impossible, face au psittacisme triomphant, de défendre les principes rigoureux, complexes, qui caractérisent l’esprit surréaliste ».
Quand on entend en 2009 « un gouvernement surréaliste » cet oxymore ne veut rien dire : et si l’on allait voir entre l’idée… et la réalité, si l’on considérait un tantinet soit peu la situation en 2009 du haut d’une selle de vélo ? Une promenade avec les surréalistes à Bruxelles.
Cette balade veut – modestement – passer par où les surréalistes sont passés, non pas dans un nuage, mais sur le sol ; les surréalistes, hommes et femmes, ne sont en rien abstraits. Ils achetaient des fromages, mangeaient du lapin aux prunes, rêvaient de femmes à vélo, regardaient par la fenêtre, frappaient à l’huis, déménageaient, se rencontraient, jouaient (mal) au billard, ou aux échecs. Leur quarromantique tier leur paraissait sordide, ou indifférent, ou belge ou non, magique dans la tête, transfiguré à leurs yeux. Parmi les différences que l’on a relevées entre le surréalisme français (officiel, dirait-on) et le surréalisme belge, il y a tout un terrain physique : Bruxelles, Jette, Schaerbeek ne sont certes pas Montparnasse ou Pigalle : mais bien plus, tout ce qu’il y a à voir de ses yeux et sur les pas et les pavés de René Magritte et Paul Magritte, Marcel Mariën et E. L.T. Mesens ou Louis Scutenaire. La Belgique, pays surréaliste, lit-on et entend-on à tout propos, mais en réalité il y a un puissant mouvement poétique historique, né du dadaïsme, que l’on doit confronter à la maison de Mesens, à celles de Magritte (puisqu’il y a deux Musées Magritte !) ; c’est ce que nous aimons sans ambages.
Jean-Michel Pochet
Cette promenade, organisée par Pro Velo, proposera un circuit vers Schaerbeek, Jette et le centre-ville. Elle comportera un passage par le Musée René Magritte à Jette (www.magrittemuseum.be).
L'accès au Musée Magritte est inclus dans le prix de la visite.
Durée: 4 h (18 km) – vélo – Prix : 13 € (+ 8 € pour la location éventuelle d’un vélo)
Réservations : Pro Velo : 02 502 73 55 – www.provelo.org
Départ/ Maison des cyclistes, 15 rue de Londres – 1050 Bruxelles.