| |
Ciels de traîne à 12 h
samedi 21 janvier 2012
Claude Dourguin, poète
Entretien mené par Fabienne Raphoz et Bertrand Fillaudeau
(Éditions José Corti)
« Ciel de traîne : nuages vagabonds, épars, escorte attardée encore, celui qui succède au passage d’une perturbation. Arrière-garde rêveuse, imprévisible qu’un rien suffit à faire cavalcader, repartir. Avec lui tout ce qui subsistait, mort, gisait là, feuilles, branches, poussière, vite jeté au loin, cassé, balayé, un coup de vent brosse la campagne, quelques minutes une averse – à grandes giclées parfois – la rince, quand voici le clairon du soleil pour sonner la fête. Installé le ciel de traîne, le paysage est étrillé, rajeuni, une vigueur neuve en accentue les reliefs, détache les nuances – les feuillages clament haut leurs différences, plus rien n’est terne ni uniforme. Couleurs, lumière plus intense, la visibilité s’améliore en cette période. »
Lire plus ...
|
Karen et moi à 12 h
samedi 28 janvier 2012
Nathalie Skowronek, écrivain
Entretien mené par Marie-Eve Stévenne
« J’ai découvert Karen Blixen, sous une tente, au Kenya, j’avais onze ans, je voyageais avec mon frère et mes parents. À la lumière d’une lampe de poche, je lisais La Ferme africaine et elle c’était moi et moi j’étais elle. »
C’est d’abord l’histoire d’une rencontre, que seule la littérature rend possible, entre un écrivain magnifique, Karen Blixen, et une petite fille de onze ans. Le temps passant la petite fille solitaire est devenue une jeune femme qui entreprend d’écrire la biographie de celle qui l’accompagne depuis toujours.
Lire plus ...
|
Dieu s'amuse (Prix de la Nouvelle Ozoir'elles 2011) à 12 h
samedi 4 février 2012
Michel Lambert, écrivain
Entretien mené par Anne van Maele, collaboratrice au Carnet et les Instants
Cela peut arriver n’importe où. Dans le froid et la pluie d’hiver. Par une chaude après-midi d’été. En pleine ville. Au bord de la mer. Tout près d’un casino ou encore un jour de carnaval où tous déambulent, parfaitement méconnaissables… Soudain quelqu’un vous bouscule et vous voilà nez à nez avec l’être qui a détruit votre existence : le rival qui vous a pris votre fiancée, le père qui ne vous a pas aimé, la maîtresse que vous avez rejetée. Vous brûlez d’en venir aux mains. Mais non, vous pressentez que tout se jouera autrement.
Lire plus ...
|
Alexandre Soljenitsyne à 12 h
samedi 11 février 2012
Georges Nivat, professeur et traducteur, spécialiste du monde russe
Entretien mené par Pierre Mertens, écrivain
Dans la forêt de pins les pleurs des tétras.
Essenine
Vivre et écrire, un même courage
« Né en 1918, mort en 2008, Alexandre Soljenitsyne, qui est mathématicien, a toujours eu tendance à schématiser sa vie, à l’interpréter selon des lignes de force mathématiques. 1972 est une année charnière où il semble qu’il ait compris qu’il lui était donné, en tant qu’écrivain, de multiplier sa vie par deux. Il a alors cinquante-quatre ans, il est dans la force de l’âge, et il est au carrefour de deux oeuvres, dont chacune aurait suffi à sa gloire. La première, le « premier massif », c’est la dénonciation de l’empire de la violence camouflé sous l’appellation de socialisme, le Goulag ; et cela va du récit parfaitement classique dans sa forme, et extrêmement moderne par la langue, Une journée d’Ivan Denissovitch, jusqu’à la cathédrale d’écriture qu’est L’Archipel du Goulag.
Lire plus ...
|
L'Iliade d'Homère à 12 h
samedi 18 février 2012
Par Philippe Brunet, philologue et aède
Entretien mené par Christophe Van Rossom, écrivain et critique
« Chante, déesse, l’ire d’Achille Péléiade… » Voici près de 3 000 ans que ce vers ouvre à une aventure qui ne laisse pas de captiver les hommes depuis la fin de l’âge du bronze. Lorsque l’aède prononçait ces mots, un grand silence et une grande émotion envahissaient la place ou la salle. Ses auditeurs savaient que le poème était sur le point de leur dévoiler, au-delà des exploits des guerriers grecs et troyens, la façon dont la guerre révèle les hommes à eux-mêmes.
Lire plus ...
|
|
|
|
|
|
|