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Mais notre écrivain est dangereux car il est doté d’un coefficient de foisonnement élevé. Demandez à votre terrassier favori ce que cela représente. La rencontre sera donc semblable à une promenade à faire en suivant une balle de ping-pong. Mais dans ce cas-ci, il s’agit de littérature : le lecteur ne sort pas indemne d’un de ses livres, on y est toujours renvoyé d’un livre à l’autre, fatigué comme une salade. Et même d’un siècle à l’autre L’Enfer…est écrit comme un peigne où chaque chapitre est une date, écartelée entre deux siècles. L’article d’un critique ne s’y trompait pas en titrant Baronian un écrivain « fantastique » en lui mettant des guillemets. Son fantastique est au coin de la rue que vous habitez à Bruxelles, regardez bien. Mais Baronian est avant tout bibliophile, on ne le mettra pas en doute à la lecture de son dernier roman. Une des bibliothèques privées la plus importante du royaume, c’est la sienne : elle s’étale sur ses rayons, meubles et recouvre même le sol de son appartement, une véritable promenade. Une bibliothèque excentrique est le titre d’un de ses travaux, certes ce n’est pas celle de l’honnête homme. Son cerveau a la forme d’une encyclopédie en autant de volumes. Romancier, il a la manie du petit fait vrai. Et lisant une note de restaurant de 1873, nous pouvons être sûrs que les prix sont historiquement exacts. Folio lui a ainsi demandé une biographie de Baudelaire ! Et il a dit oui, et elle est frappante, on ne la parcourt pas d’un oeil blasé. De même son Verlaine, son Rimbaud, une encyclopédie vivante, disais-je. Il a de la carrure cet homme et son livre chute comme un cauchemar. Un autre de ses titres ? Le Bureau des risques et périls : écrivez-moi 138 pages sur ce sujet, avec l’obligation d’être d’une lecture haletante.
Jean-Michel Pochet
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